VIE CONSACREE ET AUTO-PRISE EN CHARGE EN EGLISE FAMILLE DE DIEU A PORTO-NOVO

A l'écoute de Monseigneur

"VIE CONSACREE ET AUTO-PRISE EN CHARGE EN EGLISE FAMILLE DE DIEU A PORTO-NOVO"

L’humanité se construit et progresse grâce à celles et ceux, si nombreux, comme les âmes consacrées, qui se donnent sans compter, même pendant ce temps de bouleversements et d’incertitudes liées à la pandémie de la Covid-19. C’est pourquoi, la méditation de ce mois porte sur la vie consacrée à la lumière de la fête de la présentation de Jésus au Temple le 2 février. La problématique de l’auto-prise en charge ou de l’autonomie financière et de l’autofinancement de l’Eglise famille de Dieu qui est à Porto- Novo est partagée avec les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique en mission dans le diocèse. Elle demeure une priorité pour le développement durable des missions liées aux charismes.

Pour la vie consacrée, l’animation de la mission fait appel à la Providence divine qui passe par la générosité des personnes et des institutions en vue du soutien des œuvres d’évangélisation et de développement des peuples. Cette générosité providentielle participe pleinement à l’auto-prise en charge. Les communautés religieuses tout comme les paroisses et l’ensemble du diocèse doivent accompagner la Providence divine en développant trois aptitudes à savoir : la capacité de se mobiliser et de mobiliser des ressources tant humaines, matérielles que financières ; la capacité d’une administration et d’une gestion responsable, transparente et rigoureuse de ce qui est mobilisé et enfin la capacité de reddition transparente et régulière de comptes à tous les agents mobilisés et mobilisateurs.

Dans son message au Symposium international de la Vie Consacrée le 9 mars 2014 sur le thème : « La gestion des biens ecclésiastiques des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique au service de l’humanum et de la mission de l’Église », le Pape François invitait les consacrées à veiller attentivement à ce que les biens des Instituts soient administrés avec circonspection et transparence. Il recommande que ces biens soient protégés et préservés, en alliant la dimension charismatique et spirituelle prioritaire par rapport à la dimension économique et à l’efficacité. De ce fait, le vœu de pauvreté exige que les biens reçus de la Providence soient déclarés, transmis et administrés avec une traçabilité comptable. La redevabilité est de mise dans la vie religieuse. Sans une gestion transparente et une reddition de compte, la mobilisation serait fragilisée.

La pauvreté religieuse montre que l’espérance en la Providence divine, loin de les amener à la passivité, exige plutôt des consacrés l’investissement de soi dans le travail intellectuel, manuel et physique, générateur de revenus. Les plans et stratégies de mobilisation doivent être bien pensés. Pour y parvenir, il est opportun de commencer par la mobilisation des compétences et leur capitalisation pour la réflexion, la mobilisation et l’administration correcte des biens mobilisés. Afin que cette collaboration avec les fidèles et les âmes de bonne volonté soit durable, les consacrées font appel au vœu de chasteté émis pour consolider les liens autour du Christ en vue de l’évangélisation dans l’ouverture, la transparence relationnelle et le respect mutuel. Dans la lettre circulaire du 2 août 2014 sur les « Lignes d’orientation pour la gestion des biens dans les Instituts de

Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique », la Congrégation pour les Instituts de Vie Religieuse et les Sociétés de Vie Apostolique rappelle que les fidèles et les âmes de bonne volonté qui collaborent avec les Instituts de Vie Consacrée, tant les consultants que les employés, doivent être conscients de travailler dans un Institut qui a un charisme propre. Ils sont appelés à comprendre que la mobilisation et l’usage des biens ont pour finalité le développement de la mission, dans un esprit de pauvreté. La gestion transparente est fondamentale pour l’efficience et l’efficacité de la mission.

En plus du travail intellectuel nécessaire pour la mobilisation, la personne consacrée pourrait exercer un travail rémunéré ou conduire des activités génératrices de revenus. C’est pour cette raison que le travail manuel occupe une place prépondérante dans la vie fraternelle en communauté. Toute personne responsable qui pense à son autonomisation doit s’investir dans le travail digne et vivre des fruits de ce travail. Saint Paul exhortait les Thessaloniciens en ces termes : « Que celui qui ne veut pas travailler ne mange pas non plus » (2 Th 3, 7-12). Le vœu de pauvreté valorise le travail de chaque consacré et le stimule pour le travail bien fait. Le développement du travail rémunéré et des activités génératrices de revenus doit recevoir l’accord explicite du Supérieur Majeur, se développer avec la communauté et faire objet de reddition de comptes à la communauté ou à l’Institut. Le rendement des activités menées est en faveur de la mission développée par l’œuvre. Les techniques de mobilisation de ressources et de gestion des œuvres génératrices de revenus doivent répondre aux principes évangéliques et en accord avec l’enseignement social de l’Église.

En citant le Pape François, je vous dis : « Frères et sœurs, je voudrais vous laisser pour votre réflexion ces textes qui me viennent à l’esprit : «Si quelqu’un a des richesses de ce monde et, voyant son frère dans le besoin, lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu reste-t-il en lui

? Petits enfants, n’aimons pas avec des mots ou avec la langue, mais avec  des actes et dans la vérité » (1 Jn 3,17-18). L’autre texte bien connu est tiré de l’Evangile selon saint Matthieu «Tout ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, vous l’avez fait à moi. […] Tout ce que vous n’avez pas fait à l’un de ces moindres, vous ne me l’avez pas fait » (Mt 25, 31-46). En fidélité au charisme, repensez votre économie conformément au Message du pape François, aux participants au deuxième colloque international du 25 au 27 novembre 2016 sur le thème : « En fidélité au charisme, repenser l’économie des instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique ». Puissent nos actions d’auto-prise en charge ne pas s’écarter de cette vision de l’Evangile. Mobilisons seulement pour la gloire de Dieu et mobilisons- nous pour le salut du monde. Avec chacun et chacune de ceux et celles qui voudront se laisser interroger par cette méditation, je suis en communion par la prière.

Bonne et sainte fête de la Vie consacrée. Bon temps de Carême.

† Aristide GONSALLO

Évêque du diocèse de Porto-Novo

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